Renée Bérubé

Qui je suis

Je travaille comme inhalothérapeute depuis 1980.

Soins intensifs, urgence, sont quelques-uns des départements où je pratique. Des personnes en difficulté respiratoire y sont soignées tous les jours.

Mon choix de devenir inhalothérapeute s’est fait un peu par hasard. Je visitais le Cégep de Chicoutimi pour connaître les techniques médicales qui s’y donnaient.  J’ai toujours voulu prendre soin des gens. Je visite le département d’inhalothérapie, un déclic se fait, je trouve intéressante l’approche, la technologie, et je m’inscris à ce programme. Pour moi, faire un travail que j’aime est primordial. Si cette technique, somme toute assez  nouvelle, ne me convient pas, j’irai vers autre chose, j’ai la vie devant moi.

J’aime le milieu hospitalier, j’aime soigner les gens, j’aime m’occuper de la respiration, j’aime travailler en équipe. Je ne me suis donc pas trompée de domaine. On donne des bronchodilatateurs, on intube, on ventile,  on installe des respirateurs sur les patients, on sauve des vies. J’aime et j’aimerai toujours ce côté de mon travail.

Une autre facette : la rééducation respiratoire chez les personnes atteintes d’une maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC).

La rééducation respiratoire est la technique la moins employée dans mon travail.

Je mets en application les quelques techniques de rééducation respiratoire apprises au cégep, qui  sont basiques et plus ou moins efficaces. Quelques patients y trouvent un certain bienfait à court terme, d’autres ne comprennent pas ou ont plus de difficulté à respirer si je parle de respiration abdominale. « Gonflez le ventre! »  «  Voyons, comment ça se fait que ça marche pas. »  C’est la  première fois que je me dis : « Qu’est-ce que je fais ici ? » « Qu’est-ce que les patients attendent de moi ? » Je ne réussis pas moi-même, alors j’abandonne le programme MPOC.

Je continue tout de même à faire un travail que j’aime, je chouchoute mes patients, je les touche, leur masse un peu le dos, mais je me pose des questions : « Qu’est-ce que je pourrais faire de plus pour soulager cette anxiété reliée à la maladie pulmonaire ? »

Je trouve extraordinaire les programmes de réadaptation à l’effort offerts aux malades pulmonaires, mais certains ne peuvent y participer, parce que trop exigeants pour eux. D’autres font les exercices et n’ont plus d’énergie pour traverser leur quotidien.

Je me pose des questions…

Je fais une formation en Relaxation et  Rééducation Respiratoire Intégrée (RRRI) avec  M. Benoît Tremblay. Ma réaction au premier cours : « Il faut faire ça. » Une technique simple avec des résultats immédiats sur la respiration et le stress.

Depuis ce temps, j’en fais bénéficier ma famille (mes enfants en redemandent), mes amis et mes patients. Mon travail est plus intéressant et plus valorisant parce que j’apporte un complément qui aide les gens à mieux respirer et à se détendre. La médication est plus facile à prendre et plus efficace. Ces personnes ont du souffle pour faire leurs activités quotidiennes. Les programmes à l’effort sont plus faciles à exécuter et il leur reste de l’énergie.

Depuis 2004, afin de me perfectionner, j’ai assisté à plusieurs formations que Benoît Tremblay donne au Québec. Je peux maintenant animer des stages cliniques en RRRI et donner des conférences, entre autres aux finissants en inhalothérapie du Collège de Rosemont, à Montréal, et à des médecins intensivistes et urgentologues.

J’utilise cette technique avec tous les patients que je vois. Je l’utilise aussi à la clinique d’hyperventilation que nous tenons au Centre hospitalier Pierre-Boucher (CHPB) à raison d’une journée par deux semaines. Ces patients n’ont pas de diagnostic pulmonaire, mais ils étouffent. Les résultats sont très positifs.

Renée Bérubé
Consultante/formatrice

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