La Recherche et les maladies pulmonaires

« Si nous nous coupons de la possibilité d’apprendre, nous nous fermons et commençons à nous attacher. Or cet attachement est la source de tous nos problèmes…L’idée de lâcher prise nous terrifie mais, en réalité, c’est le fait même de vivre qui nous terrifie car apprendre à vivre, c’est apprendre à lâcher prise. »

Pour faire de la recherche, je crois qu’il faut d’abord de la curiosité, « être prêt à des remises en question, une ouverture d’esprit et de l’humilité » , puis de la rigueur. Il est souhaitable d’avoir d’abord du lâcher prise et de l’inspiration centrée sur les besoins de l’être humain! Et non seulement faire des études parce que c’est devenu une habitude réflexe qui n’a pas toujours de sens…

Avez-vous des études? La RRRI a-t-elle été évaluée scientifiquement? Combien de fois n’ais-je pas entendu ces questions depuis le début de ma carrière.

Dans sa forme actuelle, seule une étude pré-expérimentale dans un centre hospitalier a été faite de l’été 2009 à 2010. Les résultats confirment les observations faites par les professionnels adéquatement formés et qui pratiquent selon la règle de l’art la RRRI, mise en place depuis les 30 dernières années à ce jour.

Les effets de la RRRI sont probants et se voient presque instantanément chez plusieurs personnes. Les résultats sont variables d’un individu à l’autre. Si l’approche n’était pas efficace, non seulement elle aurait disparue depuis longtemps mais elle ne continuerait pas à intéresser de plus en plus de professionnels de la santé au Québec, en Suisse et en France. De plus en plus de médecins s’y intéressent et en prescrivent même à leurs patients.

Pour le plus grand bien des patients, des recherches très poussées ont été faites par la communauté scientifique depuis mes débuts en 1979 sur la réadaptation pulmonaire. Des confirmations et infirmations probantes sont maintenant disponibles. On a accumulé des connaissances très pointues sur le renforcement musculaire, la nutrition et l’exercice physique chez les personnes atteintes de problèmes pulmonaires. Malgré cela, les programmes dispensés actuellement sont toujours controversés. Et toute l’énergie des chercheurs continue à aller dans ce sens. Les programmes de réadaptation pulmonaire actuels utilisent encore la plupart des exercices utilisés dans les années 90 et même avant. Oui, l’exercice est excellent pour tous pour se maintenir en meilleure santé possible. Néanmoins il est possible de faire facilement encore mieux et éviter certains des effets indésirables à long terme comme ceux causés par la respiration abdominale et les lèvres pincées par exemple.

Des études ont prouvé récemment le peu de pertinence de la respiration abdominale qui pourtant est encore largement employée et enseignée malgré tous les avis que nous avons émis à ce jour.

Les limites de ces pratiques sont toujours les mêmes : l’anxiété, la diminution de la capacité inspiratoire. On note aussi une incapacité de marcher chez plusieurs patients pulmonaires chroniques malgré le fait que ceux-ci peuvent faire de la bicyclette chaque jour. Cela est du au fait qu’ils ont moins d’équilibre et dépensent beaucoup d’énergie pour maintenir leur équilibre et respirer. Ils n’en n’ont donc pas suffisamment pour faire leurs activités quotidiennes de base (par exemple se raser). Il manque une capacité inspiratoire bien appuyée.

Faire de l’exercice sans inspiration adéquate peut convenir pendant un certains temps à des patients dont la maladie n’est pas très avancée. Cela explique en partie l’abandon rapide des programmes par plusieurs patients ainsi que le problème d’anxiété qui peut diminuer au début mais qui revient plus fort par la suite. Deux des principaux écueils rencontrés par les chercheurs.
On pourra toujours dire que cela n’était pas évident pour les personnes atteintes d’une maladie pulmonaire mais c’était par manque d’information et d’éducation. On obtient certains résultats sans vraiment inspirer adéquatement. Imaginez ce que l’on pourrait obtenir en inspirant!

La respiration abdominale avec les lèvres pincées et les techniques de relaxation sont toujours les mêmes que celles pratiquées depuis la fin de ma formation en 1979. On utilise toujours les mêmes techniques, on les approfondit mais en souhaitant obtenir des résultats différents…Il faudrait jeter un coup d’œil sur une nouvelle approche si on veut des résultats différents.

Pourtant il est possible de repousser les limites de ces techniques par la RRRI qui reflète plus justement la réalité physiologique et pathologique.

C’est ce à quoi se sont attardés Benoît Tremblay et quelques autres inhalothérapeutes afin d’améliorer des résultats qui quoique satisfaisants ne révélaient pas tout le potentiel présent chez les personnes atteintes d’une maladie pulmonaire.

Sans être parfaites, les techniques proposées par PneumaCorps, reflètent mieux la physiologie de l’être humain. Les explications sont simples à comprendre. En ce sens il n’y a rien de nouveau mais plutôt une application plus complète des connaissances scientifiques qui ont vraiment un sens pour les patients dans leur réalité quotidienne.

L’équipe de PneumaCorps essaie depuis plusieurs années, sans succès, de sensibiliser des chercheurs à leur pratique. La faisabilité d’une étude est actuellement en développement. Il faut d’abord voir que la difficulté d’une étude qualitative et quantitative d’une approche manuelle ne peut se faire de la même manière que l’étude d’un médicament ou d’un appareil de haute technologie.

Les fonds sont difficiles à obtenir. Il serait sûrement possible à cause de son effet préventif d’intéresser par exemple des compagnies d’assurances. Nous espérons toujours dans un avenir rapproché trouver les chercheurs et fonds nécessaires pour développer encore plus cette approche qui complète admirablement bien les efforts actuels. Pour innover, il serait intéressant de regarder du côté d’essais à effectif unique.

  • La recherche est essentielle Voilà pourquoi je me suis intéressé à l’amélioration des connaissances depuis mes études en inhalothérapie comme le prouve :
  1. Le projet de fin d’études en inhalothérapie que j’ai fait sur « Les effets de l’exercice physique sur les paramètres ventilatoire » en 1978-79
  2. Une étude maison faite lorsque je travaillais en centre hospitalier
  3. Le projet avec l’Office Franco-Québécois pour la Jeunesse
  4. L’étude pilote sur « Les effets de la relaxation et de la rééducation respiratoire sur la qualité de vie des personnes atteintes d’une maladie respiratoire ».
  5. Les articles écrits dans la revue Inhalo de l’Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec et qui font mention de l’importance de faire de la recherche cohérente et adaptée à la réalité des patients par la RRRI
  6. Les nombreuses démarches faites pour trouver des chercheurs

S’il est impératif de faire de la recherche « réaliste en rapport à la réalité du terrain des patients et de la population en général » il est important que la recherche s’adapte un peu plus à la réalité des besoins humains des patients et non l’inverse. Nous devons tous ensemble travailler à trouver le meilleur équilibre possible entre rigueur scientifique objective et le vécu humain subjectif mais tout de même réel.

En attendant, plusieurs des techniques peuvent être facilement utilisées sans passer par la recherche tellement leur compréhension théorique et pratique est évidente


[1] Le livre tibétain de la vie et de la mort, p.61

[1]MAILHOT C., MESNY A., Qu’est-ce qu’une connaissance utile? Lapresseaffaires.cyberpresse.ca, lundi le 4 octobre 2010.

[1] LOISELLE C.G., PROFETTO-McGRATH J., Méthodes de recherche en sciences infirmières, Éditions du Renouveau Pédagogique, Saint-Laurent, Qc, 2007, 591 pages.

[1] PRÉFAUT C., NINOT G., La réhabilitation du malade respiratoire chronique, Masson, 2009,  p.236 (Kinésithérapie et bronchopneumopathies chroniques obstructives, P, Delguste, G. Reychler, J. Roeseler)

[1] ANTONELLO M., DELPLANQUE D., Comprendre la kinésithérapie respiratoire, 3e édition, Masson, Paris, 2009, p.174

[1] Les patients qui pratiquent ces techniques doivent continuer de le faire tant qu’ils n’auront pas été réévaluer par un professionnel de la santé respiratoire en accord si possible avec leur médecin traitant

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