La posture

« Il n’est jamais trop tard pour apprendre à libérer sa posture. Forcer pour se tenir droit augmente les tensions (cause des maux de dos chroniques) et diminue la capacité respiratoire[1] ».

« Tiens-toi droit ! » Qui n’a jamais entendu ou asséné cette phrase qui « tue » !

La posture ne devrait pas être un acte totalement volontaire. Elle devrait être le prolongement naturel d’une respiration libre, en appui sur le sacrum, là où le corps a le meilleur équilibre possible entre les épaules et les hanches, avec aussi un appui dans le bassin pour assurer une verticalité. L’idéal, c’est de changer souvent de position et de faire fréquemment des exercices rapides.

La plupart des gens se tendent vers le haut quand ils inspirent (fig.1) ou s’affaissent quand ils expirent (fig. 2). D’autres forcent pour éviter une ou l’autre de ces positions et se tiennent raides (fig. 3) :

Fig. 1 Schéma hypotonique compensé

Fig. 2 Schéma hypotonique

Fig. 3 Schéma hypertonique

À l’inspiration, l’appui vers le haut se fait souvent à partir de la colonne cervicale, ce qui n’est pas le rôle de celle-ci, plutôt que de prendre appui sur le  sacrum. Cette pression se prolonge souvent dans les mains et les bras ou, plus dommageable encore, dans les muscles entourant le globe oculaire. À l’expiration, le haut du thorax s’affaisse sur la masse abdominale.

Dans les deux cas, la zone centrale « diaphragmatique » est soit étirée, les côtes se referment alors, soit écrasée. Ces asynergies deviennent habituelles et normales mais, de toute évidence, elles sont malsaines : par manque d’appui dans le bassin et le sacrum, la colonne vertébrale ne peut pas jouer son rôle, qui est d’assurer la verticalité du tronc.

Ces tentatives pour respirer influencent négativement la quantité d’air que nous inspirons et expirons. En plus, elles augmentent l’effort. Résultat,  nous forçons de plus en plus pour prendre de moins en moins d’air.

D’où l’importance d’évaluer correctement comment nous respirons, de voir les interactions entre notre ventilation et la posture, puis de corriger les asynergies afin de retrouver le meilleur équilibre possible. Rendu à cette étape,  l’équilibre du  thorax, du diaphragme, de la masse viscérale et musculaire abdominale assureront « naturellement » la stabilisation du tronc, qui sert de point d’appui au mouvement des bras et des jambes, tout en maintenant une ventilation efficace [2].

Il existe des exercices qu’on peut faire discrètement, en tout temps et en toutes circonstances : au travail, en classe, devant l’ordinateur, à table, en voiture, au cinéma, etc. Ces exercices permettent le maintien naturel du corps et de libérer la respiration.

Il est intéressant de savoir que la fameuse posture dite « avachie », celle que prennent nos adolescents par exemple,  est une façon pour eux de se libérer des tensions sociales et familiales avant de retrouver une position équilibrée comme adulte.  C’est un passage obligé, qui doit être de courte durée et, surtout, qui doit être accompagnée d’exercices permettant de retrouver une posture libre,  une juste place dans la société.

Il en est de même pour leur tenue vestimentaire, par laquelle ils sont à la recherche de leur identité, d’un équilibre entre deux extrêmes….


[1] WEBER, B. et P.H VILLENEUVE,  Posturologie clinique, Paris, Masson,  p.138.


[2] Étude de l’hôpital Woodend à Aberdeen, en Écosse, par Dr Waseem Amir Bashir,  Conférence annuelle de l’Association nord-américaine de radiologie (RSNA) de 2006, citée dans le Journal de Montréal, 28 novembre 2006.

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